GIEC

Le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) vient de déposer son rapport de 2018, produit à la demande des pays membres de l’Accord de Paris et adopté à l’unanimité par ces pays.

La lecture du rapport est aride. En voici la principale conclusion, et les faits saillants. Suivent nos propres commentaires.

Principale conclusion

Les engagements de réduction des gaz à effet de serre pris dans le cadre de l’Accord de Paris ne suffiront pas à limiter le réchauffement climatique à 1,5 o C, seuil qui sera atteint entre 2030 et 2052.

Il est encore temps d’agir pour respecter cette limite.

Faits saillants

Les impacts sur la santé, les moyens de subsistance, la sécurité alimentaire, l’approvisionnement en eau, la sécurité humaine et la croissance économique vont augmenter par rapport à aujourd’hui, même à 1,5 o C.

Ainsi :

  • Canicules plus nombreuses et plus chaudes de 3 o C à 4 o C.
  • Risques de pluies torrentielles de plus en plus élevés
  • Perte majeure des habitats des vertébrés (8 %), des insectes (18 %) et des plantes (16 %)
  • Réduction du rendement des cultures céréalières
  • Réduction de plus de 3 millions de tonnes de prises annuelles de poissons
  • Élévation du niveau de la mer de près de 1 m avant la fin du siècle

Des impacts dont les coûts ont été évalués 54 milliards de milliards de dollars US.

 

En clair, cela signifie que les périodes de canicule, plus chaudes que maintenant, feront une quarantaine de jours au Québec. Que les précipitations seront de plus en plus fréquentes et abondantes, souvent accompagnées d’orages violents et vraisemblablement de tornades.

La perte d’habitats s’accompagnera de la disparition de nombreuses espèces et/ou de leur migration vers les habitats favorables. Cela est valable pour l’espèce humaine. Des personnes seront chassées de leurs lieux actuels. Où iront ces réfugiés climatiques? À titre d’exemple, une élévation de 1 m du niveau des océans signifie que, au Québec, la marée s’engouffrera dans le Saint-Laurent jusqu’à la banlieue est de Montréal. Après le Vieux-Québec, Saint-Roch et Limoilou, le fleuve avalera Bécancour et une partie de Trois-Rivières, puis tout le pourtour du lac Saint-Pierre, de Yamachiche à Berthierville, avant d’atteindre les rues de Contrecœur et de Charlemagne.

Les engagements de Paris nous dirigent vers un réchauffement de 3 o C. Les impacts seraient alors bien pires, certains disent qu’ils menaceraient les fondements de notre civilisation.

Le GIEC livre un message d’espoir. Il est encore temps d’agir, mais le temps presse. La planète devra réduire nos émissions de GES de 43 % d’ici 2030, et être carboneutre en 2050.

Le défi est majeur. Aurons-nous le courage et la volonté de le relever ? Nos élus prendront-ils les décisions uniquement dans le court terme en fonction de leurs électeurs, ou penseront-ils aussi ceux de leurs citoyens qui ne votent pas?

Car ces personnes qui vivront les conséquences de l’inaction ne sont plus des êtres hypothétiques. Ce sont nos enfants, qui dans à peine 20 ans, subiront de plein fouet les effets du réchauffement climatique.

À nous de leur laisser un bon héritage climatique . C’est une question d’éthique et d’équité.